- Qui est Vanessa Moreno, productrice de café à Alta Mogiana ?
- Une gestion en duo mère-fille dans un secteur encore masculin
- L’agriculture régénératrice : restaurer plutôt que simplement préserver
- Le café de la Fazenda São Felipe : variété Catuai et process anaérobie naturel
- Un engagement au-delà de la ferme
- Le café féminin au Brésil : un mouvement plus large
- De la ferme à la tasse : le rôle du torréfacteur
- FAQ : questions fréquentes sur Vanessa Moreno et le café féminin au Brésil
Café féminin Brésil : portrait de Vanessa Moreno, productrice à Fazenda São Felipe
Vous vous demandez qui sont les visages derrière le renouveau du café féminin Brésil ? Vanessa Moreno incarne cette dynamique : productrice à la tête de Fazenda São Felipe, dans la région d’Alta Mogiana (État de São Paulo), elle a repris en 2020 les rênes d’une exploitation familiale transmise depuis quatre générations. Aux côtés de sa mère, elle a fait le choix d’orienter la ferme vers l’agriculture régénératrice, transformant en profondeur les méthodes de culture héritées.
Ce portrait retrace son parcours, ses pratiques agricoles et sa place dans le mouvement plus large des femmes productrices de café au Brésil, premier pays producteur mondial.

Qui est Vanessa Moreno, productrice de café à Alta Mogiana ?
Vanessa Moreno a grandi entourée de caféiers sur la Fazenda São Felipe, une exploitation familiale située près de la ville de Franca, dans la région d’Alta Mogiana, en État de São Paulo. Sa famille cultive le café depuis quatre générations, un héritage qu’elle a d’abord quitté pour poursuivre des études et construire une carrière en ville.
Cinq ans plus tard, en 2020, elle a choisi de revenir sur l’exploitation familiale. Ce retour a marqué un tournant : elle s’est pleinement investie dans la gestion de la ferme aux côtés de sa mère, avec la volonté d’orienter la production vers un modèle plus durable.
📌 À retenir : le retour de Vanessa Moreno à la ferme n’est pas une simple succession classique, mais le point de départ d’une réorientation complète du mode de production.

Une gestion en duo mère-fille dans un secteur encore masculin
La direction de la Fazenda São Felipe repose sur un binôme : Vanessa Moreno et sa mère assurent ensemble la gestion quotidienne de l’exploitation. Cette organisation s’inscrit dans un secteur caféicole brésilien où les postes de direction restent majoritairement occupés par des hommes, malgré une présence historique des femmes dans les travaux agricoles.
Ce mode de gouvernance partagé a permis d’engager la ferme dans une transition agronomique de fond, plutôt que de reconduire les pratiques conventionnelles héritées des générations précédentes.
L’agriculture régénératrice : restaurer plutôt que simplement préserver
Pour Vanessa Moreno, produire du café ne consiste pas seulement à préserver l’existant, mais à restaurer les sols et les écosystèmes qui rendent la culture possible sur le long terme.
💡 Définition : l’agriculture régénératrice désigne un ensemble de pratiques agricoles visant à reconstituer la santé des sols, la biodiversité et les cycles de l’eau, au-delà du simple maintien des ressources existantes. Contrairement à l’agriculture biologique qui se limite souvent à l’absence d’intrants chimiques, elle vise une amélioration active des écosystèmes cultivés.
Concrètement, la ferme a adopté plusieurs pratiques :
- Plantation annuelle d’arbres, pour restaurer la couverture végétale de l’exploitation.
- Reforestation des zones proches des points d’eau, afin de protéger les ressources hydriques.
- Augmentation de la matière organique des sols cultivés.
- Réduction progressive des intrants chimiques utilisés sur les parcelles.
- Développement de solutions biologiques pour remplacer les traitements conventionnels.
Cette transition s’opère par étapes, sans rupture brutale, ce qui permet à la ferme de maintenir sa production tout en modifiant durablement ses méthodes.
Le café de la Fazenda São Felipe : variété Catuai et process anaérobie naturel
Sur le plan variétal, la Fazenda São Felipe cultive notamment le Catuai, une variété d’Arabica répandue dans les régions caféicoles brésiliennes d’altitude. Les parcelles de Vanessa Moreno se situent autour de 1 100 mètres d’altitude, une élévation qui favorise le développement lent des cerises et la concentration des sucres.
Un des lots emblématiques produits par Vanessa Moreno illustre les méthodes de transformation mises en œuvre sur la ferme : un café Catuai fermenté par process anaérobie naturel pendant 40 heures. Cette fermentation prolongée en environnement contrôlé développe une complexité fruitée marquée, avec des notes de fraise, de cerise et de goyave, ainsi qu’une touche lactique rappelant le yaourt aux fruits rouges.
⚠️ Attention : le process anaérobie exige un contrôle précis de la température et de la durée de fermentation. Un écart de quelques heures peut faire basculer le profil aromatique du café vers des notes indésirables.
Ce type de traitement post-récolte, plus technique que le séchage naturel traditionnel, témoigne d’une recherche de qualité qui va au-delà de la seule conduite agronomique des parcelles.
Un engagement au-delà de la ferme
L’implication de Vanessa Moreno dépasse le cadre de sa propre exploitation. Elle participe activement à une association régionale de cafés de spécialité qui réunit des producteurs de 23 municipalités de la région d’Alta Mogiana.
Au sein de ce collectif, elle contribue aux discussions sur l’avenir de la culture du café et défend une vision exigeante du « café régénérateur ». Pour elle, la durabilité n’est ni une tendance ni un argument commercial, mais une conviction fondée sur l’observation du vivant et la responsabilité envers les générations futures.
📌 À retenir — Les trois piliers de l’engagement de Vanessa Moreno :
- Restauration active des sols et écosystèmes de la ferme.
- Gestion partagée avec sa mère, dans un secteur encore masculin.
- Contribution collective à un réseau régional de producteurs de spécialité.
Le café féminin au Brésil : un mouvement plus large
Le parcours de Vanessa Moreno s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des femmes productrices de café au Brésil, premier pays producteur mondial. Plusieurs initiatives illustrent cette tendance à l’échelle du pays.
Dans la région d’Ibiraci, au Minas Gerais, la productrice Laís Faleiros cultive un Arabica de variété Arara sur la ferme Nossa Senhora das Graças, à 1 270 mètres d’altitude. Les ventes de ce café soutiennent l’International Women’s Coffee Alliance, une organisation qui œuvre pour l’autonomisation des femmes dans la filière café à l’échelle mondiale.
Autre exemple, le collectif Mulheres do Caparaó réunit cinq productrices menées par Josimar Sodré, dite Lalá, dans le terroir d’Alto Jequitibá. Elles cultivent un Arabica Catuai entre 1 000 et 1 500 mètres d’altitude, traité par méthode naturelle sur patios.
Ces parcours distincts partagent un point commun : ils placent la transmission du savoir-faire agricole et la place des femmes au cœur de la production de café de spécialité. Pour mieux situer le poids du Brésil dans ce paysage, il est utile de consulter les données sur les pays producteurs de café qui dominent le marché mondial.
De la ferme à la tasse : le rôle du torréfacteur
Un café issu d’une fermentation anaérobie naturelle comme celui de Vanessa Moreno exige un torréfacteur capable d’ajuster sa courbe de chauffe pour préserver les notes fruitées développées lors du process. Une torréfaction trop poussée effacerait la complexité aromatique obtenue par ce travail de fermentation minutieux.
Pour les amateurs souhaitant approfondir ce sujet, la page dédiée au torréfacteur détaille les paramètres qui influencent le résultat final en tasse. L’approche de certains artisans, comme celle présentée sur loutsa torréfacteur, illustre également comment un travail précis de torréfaction met en valeur des lots d’origine unique.
Sur le plan logistique, l’acheminement de petits lots de café de spécialité vers l’international nécessite parfois des solutions d’expédition adaptées à de faibles volumes ; les principes du hand carry colis donnent un aperçu des contraintes propres à ce type d’envoi.
FAQ : questions fréquentes sur Vanessa Moreno et le café féminin au Brésil
Où se situe la ferme de Vanessa Moreno ?
La Fazenda São Felipe se trouve près de la ville de Franca, dans la région d’Alta Mogiana, en État de São Paulo, au Brésil.
Depuis quand Vanessa Moreno dirige-t-elle la ferme avec sa mère ?
Elle est revenue sur l’exploitation familiale en 2020, après des études et une carrière en ville, pour s’impliquer pleinement dans sa gestion aux côtés de sa mère.
Qu’est-ce que l’agriculture régénératrice appliquée au café ?
C’est un ensemble de pratiques visant à restaurer activement les sols et les écosystèmes d’une exploitation caféicole : plantation d’arbres, reforestation, réduction des intrants chimiques et développement de solutions biologiques.
Quelle variété de café produit Vanessa Moreno ?
Elle cultive notamment du Catuai, une variété d’Arabica, à environ 1 100 mètres d’altitude, transformée selon un process anaérobie naturel.
Le café féminin au Brésil se limite-t-il à Vanessa Moreno ?
Non. D’autres productrices comme Laís Faleiros (Minas Gerais) ou le collectif Mulheres do Caparaó illustrent la diversité des initiatives portées par des femmes dans la caféiculture brésilienne.
Le portrait de Vanessa Moreno rappelle que la transition agricole d’une exploitation caféicole se joue souvent à l’échelle d’une exploitation familiale, portée par une transmission entre générations et un travail de duo. Sa trajectoire, de la ville vers la ferme, puis de la ferme vers un réseau régional de producteurs, illustre comment le café féminin Brésil se construit aujourd’hui autant par les pratiques agronomiques que par les choix de gouvernance. Reste à suivre comment ces modèles régénérateurs influenceront, dans les prochaines années, l’ensemble de la filière café brésilienne.

